Joseph Henrion - Biographie - La colonie pénitentiaire - Expositions - Bibliographie


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La colonie pénitentiaire

bronze et travertin
h. 153, L. 207, l. 116 cm
1974-1975
dépôt de la
Fédération Wallonie-Bruxelles

La colonie pénitentiaire, c'est d'abord et avant tout le texte de Franz Kafka, à la limite de la raison et de la folie. Joseph Henrion y lit toute la complexité des hommes et y observe l'éventail des sentiments contradictoires qui parfois les animent. L'oeuvre littéraire l'interpelle fortement; il s'y arrête quatre années, sculpte plusieurs versions d'une machine à rendre la justice, dessine plan par plan dans un style qui tient à la fois de la bande dessinée et du découpage cinématographique, les scènes d'un film sur le même scénario, dont il aurait été le réalisateur-metteur en scène. Il conçoit aussi le décor de la pièce adaptée du même sujet, qui sera montée en 1983 par Joanna Bruzdowiz, à L'Autre Musée à Bruxelles.

Françoise Henrion témoigne. La réalisation de l'oeuvre s'est étalée sur une année. Son mari façonne lui-même la moindre petite pièce, cisèle les boulons, filète vis et écrous et donne au tout un cadre raffiné en travertin. Son but est de rappeler l'architecture italienne, dont on découvre les détails soignés par une observation attentive. Le centre de sa place est occupé par une bouche d'égoût, réceptacle de la souillure, élément de mobilier urbain fonctionnel, mais dont la diversité formelle fascine l'artiste. Sculpture, gravure, incrustations, métal et travertin, mécanismes d'horlogerie délicats et quincaillerie détournée sont associés avec raffinement. Mais que l'on ne s'y trompe pas, c'est une machine à torturer et à tuer, qui attend seulement d'être actionnée. Avec un ingénieur italien, Joseph Henrion a mis au point un système d'animation, qui rappelle sa fonction première. Construite en milieu urbain, en dimensions monumentales - ce qu'avait envisagé le sculpteur - , la machine aurait eu comme finalité de créer un lieu de réflexion et d'interrogation sur la justice.

Marie-Caroline Florani




ULiège - Musée en plein air - juillet 2005 - mise à jour : 4 octobre 2017